Un an (ou presque) après la victoire de Sarkozy, quelques jours après le retour triomphal de Berlusconi au pouvoir chez nos "amis" transalpins, la gauche, je veux dire les gens de gauche, de coeur, de conviction, doivent s'interroger.
Pourquoi la gauche ne séduit plus ? Pourquoi la droite - et en particulier la droite populiste, catégorie dans laquelle je placerais Sarkozy et Berlusconi -, au contraire, s'impose ?
Pourquoi la gauche a-t-elle perdu les classes populaires, qui, d'élections en élections, rejoignent cette droite populiste, ou pire encore l'extrême droite ?
Le débat de personnes au PS, par média interposés, par livres interposés, ne mène à rien. Valls, Moscovici, Royal, Delanoé, DSK, think tank, nouveau nom de partis, mouvance, motion, congrès : au fond, on s'en fout. Encore plus les gens qui souffrent.
La gauche perd-elle sur son programme?
Parce qu'il est mal expliqué ; est-ce un problème de communication, de clarté, de cohérence?
Probablement de tout cela.
La gauche modérée est inaudible et indécise sur la question des retraites, sur la question de la fonction publique ou de la rénovation de l'Etat, sur son rapport au marché, sur ses considérations européennes.
Elle est muette sur les questions d'immigration, souvent sourde aux questions de sécurité.
Alors, que faire ?
On nous répète, à l'envi, qu'il faut se RÉNOVER, changer le LOGICIEL, bref on s'amuse vocabulaire. Au fond, au bout d'un an, la gauche - le PS, les Verts, le PRG - a-t-elle évolué ? Si peu.
Si des rapports ont été menés, parfois très intéressants (par exemple celui sur la société et l'individu), ils restent abscons et quasi-inutiles car réservés à une certaine caste surinformée ou à l'élite.
Au fond, il faut un message clair, une unité, des concepts simples qu'on peut associer à la gauche d'aujourd'hui.
Est-elle antilibérale ?
Est-elle capitaliste ?
Est-elle étatiste ?
Comment compte-t-elle lutter contre le chômage ?
Que pense-t-elle de l'immigration, des questions d'insécurité, de l'avenir des banlieues ?
Se tourne-t-elle vers le PCF ou le centre (MoDem) ?
Qui, aujourd'hui, est capable de répondre à ces questions ; à part donner SON propre avis.
Je sais, je vois, les gens de gauche perdus, en manque d'idées, dépourvus devant les questions simples des sceptiques. C'est la fin des idéologies ; la droite s'en sort mieux avec des slogans percutants, bien que mensongers, erronés, insupportables ("le travailler plus pour gagner plus", c'est plus clair que "l'ordre juste", "le gagnant-gagnant" ou "la France présidente").
Les dirigeants des partis doivent descendre de leur piédestal, dans des débats participatifs s'ils le veulent et le font sincèrement. Mais, ils doivent impérativement se remettre d'accord sur ce qu'ils sont, ce qu'ils veulent, ce qu'ils proposent.
De la clarté et de la sincérité en somme.
En sont-ils capables ?
Il en dépend de l'avenir de la gauche. Si nous voulons éviter les Sarkozy de demain et celui de 2012.
M.