Après quelques mois de sarkophilie, il est peut être temps de faire le point sur ce qu'on peut appeler le système Sarkozy. Et quelques adjectifs ressortent pour en parler : vulgaire, obscène, indécent, superficiel...
On peut parler du plus important, c'est vrai, et c'est le fond : il y a notamment le durcissement des conditions d'entrée des immigrés. C'était dans son programme, et les Français l'ont en partie élu sur ça, la politique du bouc émissaire ayant si bien fonctionné. Par un tout de passe-passe mystificateur incroyable, on a donc réussi à faire croire aux pauvres que leurs difficultés étaient dues à plus pauvres et misérables qu'eux (les immigrés vous l'aurez compris). Je ne suis pas de ceux qui disent que ce sont les plus riches les plus responsables mais à choisir je trouverais ça plutôt logique que ce sont ceux d'abord qui ont du pouvoir et de l'argent qui peuvent influencer la vie des plus modestes.
Aussi, parlons de ces hommes qu'on traite avec des chiffres, les quotas de Brice, les immigrés : quand pensera-t-il au nom des Droits de l'Homme - qu'il évoque pourtant si souvent pour chanter la gloire de la France avec une arrogance incomparable - d'améliorer les conditions de vie des sans-papiers, que ce soit dans les centres de rétention ou dans des zones de non-droit comme autour de Calais !?
On peut parler des réformes des régimes spéciaux, certes nécessaires, pour de simples raisons démographiques... mais pourquoi traiter avec tant de mépris les bénificiaires (notamment les cheminots)? Pourquoi les faire passer pour des parasites ? Pourquoi ne pas dire que s'ils avaient des avantages conséquents au niveau des retraites, ils cotisaient plus que les autres salariés (certes pas assez pour compenser les dits-avantages) et qu'il était normal qu'ils voient dans cette réforme une injustice réelle et une perte à gagner devant être contrebalancé? Le pire, c'est encore cette politique du diviser pour mieux régner, cette manipulation odieuse de l'opinion publique, qui est d'ailleurs à la base du système Sarkozy.
On pourra parler des réformes de l'université. Elle était nécessaire, l'autonomie est une bonne idée pour mettre de l'huile et du flexible dans les rouages. On pourra juste regretter l'imbroglio général, les informations et les désinformations, comme le sectarisme de certains syndicats étudiants.
Il y a bien d'autres sujets que je pourrais évoquer, comme l'adage "travailler plus pour gagner plus", une stupidité effarante qui a germé dans les têtes de nos géniaux citoyens. S'ils veulent travailler plus pour gagner autant, je ne les empêche pas. Je suis favorable à flexibiliser le marché du travail en France, j'ai conscience que les blocages affectent autant notre économie que le pouvoir d'achat des Français. J'apprécie l'idée de Giddens à la base du blairisme et de la social-démocratie scandinave : protéger l'individu et non le poste. Malheureusement, Sarkozy et ses sbires sont bien loin de cette idée puisqu'ils ne sont que dans la représentation, la manipulation du symbole, de l'opinion, le regard fixe sur les sondages... Je crois que la France souffre de son fonctionnement hybride : ni totalement libéral, ni vraiment étatiste et dirigiste, la France se cherche, au même titre que les Français aux revendications parfois si contradictoires. Devant cette mélasse collante, Sarkozy ne peut rien car il ne sait rien. Ce n'est qu'un nouveau riche qui voulait le pouvoir pour le pouvoir, pas pour appliquer des idées et faire grandir la France. C'est un président bling bling, du chic et du toc, de la prétention, de la représentation. Les valeurs de la République, il les piétine du pied au besoin, comme les espoirs de ses électeurs.
Il les piétine du pied quand il félicite Poutine, quand il embrasse Khadafi, quand il utilise la presse people et quelques filles de petite vertu pour masquer ses résultats médiocres.
Il nous fait honte. Il fait honte à son poste.
Il le fait quand il se prend pour un caïd face à des pêcheurs qui l'insultent.
Il fait honte à la démocratie quand il encourage Dassault à faire son apologue dans les premières pages du Figaro.
Il nous fait honte avec son anti-intellectualisme assumé.
Sarko, c'est la France décadente, c'est la France qui perd. Assurément.
Alors quoi?
Il n'y a plus qu'à espérer l'apparition d'un homme (ou d'une femme) providentielles à gauche. Mais qui ? Qui aura le courage de revenir à une pratique politique plus saine et plus noble et à refuser les armes de Sarkozy et de l'UMP ?
A mettre en place des fondements idéologiques (pas dans le sens du dogme mais dans celui d'avoir un projet pour un système cohérent d'idées) solides et modernes.
A redonner l'espoir aussi en faisant le point. C'est quoi d'être de gauche, en France, au XXIème siècle (et en Europe)?
Tiens, j'oubliais l'un des rares bons points de Sarko : le traité de Lisbonne (mais quoi qu'il en dise, il ne l'a pas obtenu tout seul cet accord si indispensable...).
Cordialement,
M.


