Bien sûr, la victoire de Nicolas Sarkozy était prévisible, elle est acquise, avec notamment la cérémonie d'investiture d'aujourd'hui. C'est la démocratie, Sarkozy a convaincu la majorité par sa personnalité et son projet.
Nous restons convaincus qu'il n'était pas la solution pour la France, malgré son volontarisme certain. Nous serons quoi qu'il arrive toujours attentif à ses agissements et son désir d'ouverture ne nous trompera pas.
Mais, il est nécessaire de rebâtir une opposition de gauche, pour jouer son rôle de contre-pouvoir et d'information de l'opinion, avec, comme objectif, de reprendre le pouvoir.
Or, nous nous dirigeons vers un raz-de-marée bleu, un Etat entièrement UMP au niveau central et une opposition ô combien affaiblie.
C'est avec tristesse et une certaine angoisse que nous assistons aux querelles de personne au Parti socialiste, et que le vieillissement du parti, son immobilisme idéologique nous apparaissent presque comme insurmontable.
Je suis, personnellement, séduit par le projet politique de DSK. Mais, je regrette qu'il se laisse aller à l'attaque opportune ad hominem. Bien sûr, les responsabilités de M. Hollande sont lourdes, à n'avoir pas su trancher, à avoir toujours transigé, il a empêche et la modernisation du parti et la clarification du propos. Pire, le Parti Socialiste a été incapable de soutenir le vent de modernité et de nouveauté insufflé par Madame Royal. La défaite du 6 mai est donc une défaite entièrement collective.
Ce qu'il faut constater aussi, c'est l'absence de leader et l'apparition timorée de nouvelles têtes.
Royal aura sûrement un rôle à jouer à l'avenir car elle dispose d'un vrai pouvoir d'influence, d'une présence quasi "mystique" et elle a vu juste avec l'idée de démocratie participative.
DSK, aussi, car il pourrait construire, avec ses proches, une gauche du progrès, proche du réel. Une gauche qui accepte l'économie de marché, pour produire toujours plus de richesses mais en la voulant sociale, pour que ces richesses soient partagées par tous.
Il faudra aussi construire une gauche à la fois républicaine et européenne, républicaine car l'idéal d'égalité et de fraternité est inscrit dans notre culture politique, européenne car l'Europe est l'avenir, et nous ne pouvons plus vivre sans une Europe forte et unie ou une Europe des projets dans le monde et l'économie globalisée.
Un vaste chantier est devant nous, hommes et femmes de gauche, nous, jeunes de gauche. Et nous attendons de nos aînés de faire preuve de sagesse, de volonté et d'esprit d'initiative pour faire de la gauche, une vraie opposition au régime UMP, pour faire de la gauche, une gauche qui gagne. C'est-à-dire une gauche qui explique au plus humble qu'elle a compris leurs considérations et leur peur et à tous qu'elle a passé le cap de la modernité, c'est-à-dire de la conciliation nécessaire entre efficacité économique et justice sociale.
M.